Adresse du SMISP aux candidats à la présidentielle.

jeudi 6 avril 2017
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Dans le cadre des Assises de la Fédération nationale d’éducation et de promotion de la santé (Fnes, lire ici), s’est tenu à Pierrefitte-sur-Seine, le 24 Mars 2017, un débat sur le thème : « Promouvoir la santé pour tous : le pouvoir d’agir. Propositions et questions aux candidats à l’élection présidentielle 2017 » en présence de représentants des quelques candidats à cette élection (Mrs Fillon, Hamon, Macron et Mélenchon). Des membres du SMISP-UNSA sont intervenus dans les débats. A cette occasion, le SMISP-UNSA a remis aux représentants présents des candidats (et remettra aux autres) une note. En voici le contenu :

« Démédicalisation de l’administration de la santé. D’où viendra l’accident fatal ? »

De l’impossibilité d’assurer la continuité des astreintes de sécurité ? De l’incapacité à répondre à une demande préfectorale en cas de menace sur la sécurité publique ? De l’incapacité à repérer à temps une situation d’urgence émergente ? Des conséquences d’un défaut de contrôle ou d’inspection, en matière de qualité des soins, de prévention de la maltraitance etc...? Des conséquences de la perte de la dimension médicale dans la régulation du système de santé ?
Les médecins inspecteurs de santé publique (MISP) sont des médecins de santé publique opérant dans les services de l’Etat ou dans ses agences. Médecins de santé publique, car ce sont des spécialistes de l’approche collective des problèmes de santé, assurant des missions très diverses au bénéfice de l’ensemble de la collectivité. Leur statut de fonctionnaire conforte l’indépendance de leur expertise.
Notre syndicat est, de très loin, le principal syndicat de MISP. Sous ce titre un peu violent nous souhaitons attirer l’attention des candidats à l’élection présidentielle sur la situation alarmante et en rapide dégradation des effectifs médicaux au sein de l’administration de la santé et notamment dans les agences régionales de santé.
Les difficultés à recruter des MISP existent depuis de nombreuses années. A plusieurs reprises, l’administration s’est penchée sur ce sujet. Des ébauches de réponses aux causes diverses de cette situation ont parfois été définies ; la dernière date de 2007 et n’a pas été complètement appliquée.
Aujourd’hui les conséquences de cette faible action administrative deviennent réellement inquiétantes. Un mouvement de démédicalisation de l’administration de la santé est clairement à l’œuvre et va s’accélérant. D’environ 600 il y a quelques années, l’effectif des MISP est passé sous la barre des 500 il y a deux ans et sera en dessous des 400 dans 3 ans. Une division par deux de l’effectif est maintenant une perspective réaliste. Les tentatives des employeurs pour substituer aux MISP d’autres catégories de médecins (praticiens conseil de l’Assurance maladie, praticien hospitaliers, contractuels non spécialistes en santé publique …) s’avèrent être des impasses. Pendant ce temps, imperturbablement, le ministère de la santé organise un concours de recrutement de MISP : 29 postes offerts, 21 candidats, et finalement 11 recrutés, dont seuls deux n’étaient pas déjà en fonction dans les services de l’Etat ou dans ses agences. Sans commentaire.
Alors que faire ?
Première option : continuer dans la contemplation désolée de la situation sans rien faire de sérieux. Accepter l’affaiblissement technique, la disparition de l’expertise collective, la prise de risque sanitaire, la médiocre prise en compte des aspects les plus subtils de la planification en santé et cela dans un moment où nos concitoyens demandent plus à leur système de santé, en termes de qualité, de sécurité, d’accessibilité. Assumer la « trajectoire de collision » et attendre l’accident fatal, qui pourrait survenir très vite maintenant.
Deuxième option : Se décider enfin à agir, efficacement et rapidement. C’est à dire décider au plus haut niveau de l’Etat d’un plan de dynamisation, car le MISP est très souvent un acteur de l’action interministérielle : améliorer le positionnement institutionnel, ajuster les missions et les effectifs, adapter la formation tout particulièrement permanente, améliorer l’attractivité matérielle du métier
Nous nous adressons aux candidats à l’élection présidentielle. Ce n’est pas faire preuve d’une quelconque mégalomanie ou prétention exorbitante. Nous pensons simplement que la régulation de notre système de santé ne peut se passer de médecins, tout particulièrement de médecins formés à l’approche collective, populationnelle des problèmes de santé. L’ignorer nous exposerait à affronter des difficultés majeures, dont notre pays a déjà eu quelques prémices. Nous voyons aussi que la prise en compte des enjeux de santé publique exige le plus souvent un engagement qui va bien au delà du ministère de la santé, que l’on parle de réduire les inégalités sociales de santé, de s’adapter au vieillissement de la population, d’assurer un accès aux soins sur tout le territoire de la République, de faire face à des crises sanitaires, d’assurer un progrès équitable aux avancées de la science et de la médecine.
Oui, les sujets qui nous inquiètent ici sont bien du niveau du Président de la République.

Ce n’est qu’un début, le SMISP entendant bien solliciter plus à fond les candidats sur le rôle de l’expertise médicale dans les services de l’Etat, les modalités de gestion du système de santé et la place de la santé publique dans les futures politiques publiques.
Lire la note aux candidats sur le site du SMISP.

A noter que l’Association des médecins de santé publique (AMISP) a également, de son côté, adressé aux candidats une lettre ouverte (lire ici).


Documents joints

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Brèves

Dernière heure

mercredi 3 mai

Prolongation de la date limite pour l’inscription au concours de MISP 2017.
Un récent arrêté, paru au JO du 3 mai, prolonge jusqu’au 11 mai la date limite d’inscription au concours de MISP 2017 (voir ci-dessous).

Une nouvelle menace pour la santé publique

mercredi 12 octobre 2016

La nouvelle agence de santé publique ("Santé Publique France") vient de recevoir comme cadeau de naissance... une perte de 5 % de ses moyens financiers et humains pour 2017 alors même que les établissements qu’elle rassemble (INVS, INPES, EPRUS, ADALIS) avaient déjà subi d’importantes baisses de leurs budgets et de leurs effectifs ces dernières années. L’UNSA santé publique et le SNAPA (Syndicat national autonome du personnel des agences sanitaires) dénoncent cette mesure dans un communiqué de presse (lire ici).

Concours pour l’accès au corps des MISP

samedi 8 octobre 2016

Deux arrêtés, datés du 9 septembre, viennent de paraître aux journaux officiels des 16 et 23 septembre 2016. Le premier fixe les règles d’organisation générale et la nature de l’épreuve des concours pour le recrutement des médecins inspecteurs de santé publique ; le second autorise, au titre de l’année 2016, l’ouverture du concours.
Lire les arrêtés ici et et voir l’article ci-contre.
Les textes ont été complétés par une instruction en date du 5 octobre précisant les conditions d’organisation du concours. L’épreuve orale d’admission est fixée au 26 novembre. Attention à la date limite de dépôt des dossiers de candidature : le 26 octobre . Lire cette instruction. Pour tous renseignements : drh- concours@sg.social.gouv.fr.

Préparation au concours de MISP

mardi 27 septembre 2016

L’EHESP organise les 13 et 14 octobre prochains, une préparation pour le concours de recrutement de MISP 2016. Les modalités et les dossiers d’inscription sont mis en ligne sur le site de l’école www.ehesp.fr (lien ici).

Offre d’emploi l’ABM recrute.

vendredi 23 septembre 2016

L’Agence de biomédecine recrute un nouveau responsable de la mission d’inspection sur un contrat de détachement ou de mise à disposition d’une durée de 3 ans, renouvelables. La fiche de poste apparaît très intéressante et conviendrait particulièrement à un MISP. Le poste est à pourvoir au plus tard le 1er novembre 2016 ; c’est donc urgent.
Consultez ici l’offre d’emploi.