MISP et médecins de santé scolaire : même combat ?

dimanche 26 novembre 2017
par  Christian Lahoute
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L’Académie de médecine vient de publier un rapport dénonçant «  la situation alarmante de la médecine scolaire en France, qui met en grande difficulté les actions éducatives fondamentales en matière de prévention pour les enfants et les adolescents » (lire ici). Dans le constat :
- « le manque de pilotage, d’évaluation et de clarté pour la gouvernance  » de la médecine scolaire
- «  ... le nombre de médecins scolaires...en diminution constante passant de 1400 médecins de l’éducation nationale (MEN) en 2006 à 1000 en 2016 ». Il existe également une répartition territoriale des MEN très hétérogène. Enfin, il est prévu « un nombre très important de départs à la retraite dans les années qui viennent ».
- une attractivité de la médecine scolaire « médiocre en raison de sa faible reconnaissance professionnelle et des mauvaises conditions matérielles  ».
- des missions et des tâches qui «  se sont accumulées au fur et à mesure des années  » et au gré de l’accumulation des circulaires.
« L’Académie de médecine recommande de remédier d’urgence à la pénurie des MEN, de recadrer leur activité dans un statut de médecins de la prévention, d’assurer l’examen de santé pour tous les enfants de 6 ans, de réviser la gouvernance par la création d’un comité exécutif entre les ministères de l’EN et de la Santé, d’instaurer un enseignement universitaire de la médecine scolaire sous la forme d’une formation spécialisée transversale,...  ». Cette formation spécialisée transversale sera effectivement mise en place dans le cadre de la réforme actuelle de l’internat ; elle sera accessible aux internes en pédiatrie, médecine générale et santé publique. L’Académie propose également d’ « organiser un système de santé scolaire, de la maternelle au lycée, rattaché au Ministère de la santé » (un retour, en quelque sorte, à la situation d’avant 1991).
Un tel constat ne vous rappelle rien ? Décidemment, que ce soit en matière de santé publique en général ou en prévention / promotion de la santé en particulier, l’expertise médicale est loin d’être reconnue et prise en compte par ceux qui nous ont gouvernés depuis plusieurs années...
Par ailleurs, ce rapport fait suite à ceux de la Cour des comptes et de l’Assemblée nationale en 2011, du HCSP en 2013, et du Sénat en 2016. Restera-t-il lettre morte comme ses prédécesseurs ? D’autant qu’une mission d’évaluation de la médecine scolaire demandée en avril 2015 par le premier ministre au ministre de l’éducation nationale n’a toujours pas rendu son rapport, du moins officiellement !
Quels seront les moyens affectés à la Stratégie nationale de santé 2017-2022 qui s’est donnée pour objectifs notamment « la prévention et la promotion de la santé tout au long de la vie et dans tous les milieux » (« Une attention particulière sera apportée aux enfants et aux jeunes » selon le dossier de presse du ministère chargé de la santé) ?


Brèves

Concours de MISP 2017

jeudi 6 avril

L’arrêté d’ouverture, au titre de l’année 2017, du concours externe et interne pour le recrutement de médecin inspecteurs de santé publique, a été publié au JO du 30 mars 2017 (lireici).
L’ouverture des inscriptions a débuté le 4 avril ; leur clôture a été fixée au 4 mai. L’inscription doit être faite par voie électronique sur le site https://inscription.sante.gouv.fr/inscription/inscription.do .

Promotions confirmées

jeudi 7 avril 2016

La note de service relative aux tableaux d’avancement au grade de médecin général de santé publique et de médecin inspecteur en chef de santé publique au titre de l’année 2016 est parue le 22 mars (lire ici). Pas de surprise : les collègues retenus lors de la CAP ont bien été promus.

Parution le 9 juin 2015 d’une circulaire relative à la composition des instances ordinales siégeant en formation disciplinaire.

jeudi 20 août 2015

Suite à la décision du Conseil constitutionnel n° 2014-457 QPC du 20 mars 2015, les représentants de l’administration devront s’abstenir de siéger au sein des formations disciplinaires des instances ordinales, afin de respecter le principe constitutionnel d’indépendance. Ils pourront toutefois continuer à siéger dans ces instances pour toutes autres matières que disciplinaires. Lire la circulaire.

L’Ordre des médecins partage les craintes du SMISP

vendredi 3 avril 2015

La crainte du SMISP concernant le respect du secret médical dans les ARS tel qu’il apparaît remis en cause dans la rédaction de l’article 47 du projet de loi relatif à la santé et qui nous avait conduit à adresser, le 18 mars, à Mme Touraine une lettre ouverte (voir l’article ci-contre) semble partager par le CNOM. Réagissant à notre sollictation, ce dernier nous a fait savoir que dès le dépôt du projet de loi en octobre 2014, il avait proposé des amendements visant à maintenir le respect des droits des patients.
Lire la lettre du CNOM.

Utilisation abusive du titre de MISP : la DRH rappelle les textes aux DG d’ARS

mercredi 4 juin 2014

Suites à nos interventions, notamment en CAP, motivées par le constat d’une utilisation quelque peu « extensive » du titre de MISP par quelques « MARS » dans certains ARS, la DRH a opportunément rappelé les textes aux DG dans une lettre en date du 2 mai 2014.
Seuls les médecins remplissant les conditions fixées par les articles 3 et 7 du décret n° 91-1025 du 7 octobre 1991 relatif au statut particulier des MISP peuvent se prévaloir de ce titre.
Cela va mieux en le réaffirmant et nous remercions la DRH pour la prise en compte de notre demande.