Les Médecins de Santé Publique alertent la Ministre de la santé

jeudi 17 septembre 2009
par  Etienne Lecomte
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Le Syndicat des Médecins Inspecteurs Santé Publique (MISP) a adressé à Roselyne Bachelot, il y a un mois, un appel solennel pour qu’elle prenne en compte le contexte sanitaire et institutionnel de fonctionnement des services de santé depuis le début de l’épidémie de grippe A H1N1, et la situation actuelle des Médecins Inspecteurs Santé Publique mobilisés au niveau des services du Ministère et des DDASS et DRASS sur ce dossier depuis maintenant 6 mois..

La gestion de l’épidémie de grippe A H1N1 a en effet déjà fortement pesé sur ces services. Elle entre maintenant dans une phase encore plus critique pour ce corps de fonctionnaires au nombre très réduit (moins de 500 pour toute la France) mais dont on attend tous les jours sur cette épidémie : signalements, enquêtes, expertises, avis, synthèses et notes, en plus … de leur travail normal de « médecin inspecteur » (veille et gestion des risques sanitaires pour tous les autres problèmes de santé publique, organisation des soins, prévention, inspection-contrôle...).

Le rôle des « MISP » dans la prise en charge de ces évènements épidémiques est essentiel : leur implication n’a pas faibli, ils ont été et restent en première ligne pour le bon déroulement des actions sanitaires mises en œuvre sur le terrain. Mais, au prix d’une surcharge de travail conséquente, due également à de graves dysfonctionnements observés plusieurs mois dans la gestion de cette crise :
-  l’insuffisance des effectifs dédiés à la veille sanitaire, particulièrement dramatique dans certains départements.
-  des choix organisationnels peu pertinents, un pilotage multiple variable et un manque évident de cohérence, associé à une opérationnalité variable selon le territoire (notamment dans le cadre des astreintes),
-  une faible lisibilité et une coordination insuffisante des demandes émanant des structures centrales, qui affaiblit notre crédibilité auprès de nos interlocuteurs,
-  la faiblesse de perception des enjeux par les directions des services déconcentrés (DDASS et DRASS), qui peinent à donner du sens à leur action, à adapter les priorités des services et à ajuster les moyens aux charges de travail.

Tout cela conduit à un épuisement de ces fonctionnaires de l’Etat, une motivation qui s’effrite et un découragement croissant. Pourtant les évolutions stratégiques de la lutte contre l’épidémie dans les mois à venir impliqueront encore plus les MISP et le cadre contraint ne fera que se tendre davantage.
Cette crise risque de durer et de s’intensifier, et les conséquences des dysfonctionnements observés dès à présent pourraient devenir graves.

Les MISP alertent la ministre sur le fait que cette situation de crise sanitaire sert de révélateur aux problèmes d’inadéquation entre les missions et les moyens, avec des sous-effectifs chroniques de MISP, liés au manque d’attractivité de ce corps, situation que dénonce depuis des années le Syndicat.

Cette crise révèle également les enjeux du passage vers les Agences Régionales de Santé.
En dépit des affirmations, les projets d’organisation restent flous et plus marqués par l’inquiétude de la gestion des carrières que par la recherche d’une réelle efficacité : les lignes hiérarchiques entre les différents échelons territoriaux sont loin d’être simplifiés et clarifiés. La juxtaposition au sein des ARS de personnels très différents (en origine, statut et rémunérations) pour exercer le même travail, et l’éparpillement des différents corps techniques dans les futurs services, tout cela ne parait pas répondre aux exigences d’une réelle et forte transversalité que les multiples comités et autres cellules techniques mis en place jusqu’alors ont été incapables d’assurer.

Le SMISP, syndicat qui rassemble une grande majorité du corps des MISP, avait souhaité dès l’origine en 2008 participer aux travaux de conception des futures ARS et avait formulé en janvier 2009 des propositions mûries de longue date pour lesquelles il n’a jamais reçu de réponse du Ministère.

Aujourd’hui la situation impose qu’une rapide réflexion commune soit menée au sein des ARS, sur le positionnement fonctionnel des MISP, qu’une politique de recrutements nouveaux soit entreprise sans délai, afin que les compétences atteignent une masse critique suffisante et soient utilisées à bon escient.

Sans mise en commun de nos moyens et connaissances, sans réflexion partagée sur des problèmes complexes et sans organisation médicale dédiée pour répondre aux demandes et contraintes croissantes, les MISP ne seront pas en mesure d’apporter au ministère de la Santé toute l’aide que celui-ci est en droit d’attendre de services bien calibrés et fonctionnellement structurés pour faire face efficacement à une crise majeure.


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S’agissant du contrôle du statut vaccinal des professionnels de santé non salariés, cette procédure doit rester un contrôle administratif sur pièces, l’inspection au cabinet du médecin étant jugée disproportionnée.

A télécharger sur le lien ci dessous le communiqué du SMISP diffusé dans les régions :